Je discutais l’autre jour de la rédaction des 4e de couverture avec un autre auteur indépendant (coucou, Claude, si tu passes par là !) et j’ai pensé qu’il serait utile de livrer ici mes 10 principaux conseils pour les rendre plus efficaces.

N’hésitez pas à ajouter les vôtres en commentaire. Il n’y a évidemment pas une seule et unique méthode : l’essentiel est de piocher ce qui fonctionne pour votre roman, en reflète l’essence et suscite la curiosité de vos futurs lecteurs.

Avant de démarrer, je précise juste que je parle ici de 4e de couverture mais qu’en réalité, certains de ces conseils s’appliquent surtout à votre descriptif produit sur les plateformes web, par exemple Amazon et Kobo. Les contraintes ne sont évidemment pas les mêmes si vous devez faire tenir votre 4e de couverture sur un format broché que sur un site web.

Néanmoins, il est fort probable que votre version brochée se retrouvera sur l’une de ces plateformes ! 😉 C’est pourquoi étendre cet article aux modalités des descriptifs produits me paraît plus judicieux.

Conseil #1 – Ne perdez pas de vue votre objectif premier

Quand on rédige une 4e de couverture, que cherche-t-on à faire, exactement ? A attirer le bon lecteur, celui qui prendra plaisir à lire votre roman. Adressez-vous à ce lecteur-là car c’est lui qui finira votre livre, en achètera la suite si elle existe et laissera des critiques positives sur votre page produit, invitant d’autres lecteurs à tenter l’aventure.

Les lecteurs en dehors de votre cible sont peut-être plus nombreux, mais s’ils viennent des chercher des bananes et que vous leur offrez les kiwis, ils seront déçus et pourraient bien vous le faire savoir dans les commentaires…

Conseil #2 – Soyez concis

Votre lecteur potentiel aura présélectionné votre roman dans une longue liste de résultats Amazon, probablement grâce à son titre et sa couverture.
Si vous vous interrogez sur comment créer une couverture, sachez que vous aurez accès à un guide d’une cinquantaine de pages à ce sujet si vous vous abonnez à ce blog. En savoir plus.

Vous ne voulez pas perdre votre lecteur maintenant qu’il a cliqué sur votre livre : il y est, il y reste ! Cela signifie que votre 4e de couverture doit le happer, pas le barber. Il n’a pas besoin qu’on lui explique tout le récit ni même de valider votre style : pour cela, il existe l’extrait gratuit ou la prévisualisation des premières pages.

Votre lecteur veut savoir ce qu’il va vivre à travers votre ouvrage. Ne le noyez pas dans une masse superflue de texte ! Allez à l’essentiel et pesez bien l’utilité de chaque morceau de phrase. Cela implique de bien réfléchir au pourquoi de chaque information fournie.

Par exemple, je débute ma 4e de couverture de Sorceraid par : « Nora est une jeune diplômée, blogueuse mode à ses heures, qui vit à Londres et cherche du travail. » Pourquoi tant de renseignements sur mon héroïne ? Car cela me permet d’attirer un public de type « jeunes actifs » connectés, de poser un décor britannique et urbain, et d’introduire l’élément perturbateur (Nora cherche du travail et sera recrutée par un cabinet de conseils… pour sorciers modernes).

Conseil #3 – Soyez structuré

Il n’existe malheureusement pas de recette type à suivre à la lettre pour rendre sa 4e de couverture efficace. En revanche, pour m’aider à construire ne serait-ce qu’une première version des 4e de couverture de mes ouvrages, je structure ma pensée ainsi :

  • Une accroche : une phrase choc, un verbatim d’avis lecteur, une citation tirée de votre roman destinée à attirer l’attention de votre lecteur au premier coup d’œil :
    « Sorceraid, solutions pour sorciers en perdition, récita Louise. Nous répondons aux défis de nos clients par des services magiques de haute précision. »
  • Un premier paragraphe (si possible en une phrase, 2 maximum) exposant la situation de départ :
    Nora est une jeune diplômée, blogueuse mode à ses heures, qui vit à Londres et cherche du travail.
  • Un paragraphe qui annonce l’élément déclencheur (sauf si cela en révélerait trop !) :
    Lorsqu’elle découvre cette alléchante offre d’emploi sur Internet, elle ne se pose pas de question : elle fonce… Droit dans un bus ! Accident dont elle ressort sans une égratignure. Cet exploit lui vaut d’être embauchée chez Sorceraid, société de conseil en solutions magiques.
  • Une ouverture sur le mystère :
    Sa capacité de régénération magique lui vaut toutefois quelques tours auprès des plus avides de ses clients. Entrant dans le collimateur des terribles Décadents, Nora pourrait bien y laisser plus que sa magie…

Dans le cas d’une fiche produit sur le web, vous pouvez en outre vous permettre de conclure sur d’autres éléments tels que des verbatims de vos lecteurs, des renseignements sur la saga dont il fait partie, les récompenses gagnées…

Conseil #4 – Composez avec les contraintes du web…

Je ne vous parlerai pas de SEO dans ce paragraphe, encore que… il est toujours utile d’optimiser ses mots clés. Cela pourrait toutefois faire l’objet d’un article à part entière.

Ce que je veux surtout dire, c’est que le lecteur n’aura pas forcément accès à toute la 4e de couverture d’un coup. Regardez sur Amazon, par exemple :

Voyez-vous la mention « En lire plus » en rouge ci-dessus ? Cela signifie que pour accéder à la suite du synopsis, le lecteur devra cliquer. Considérez toujours un clic comme un effort. Si vous perdez votre lecteur avant ce clic, c’est fini.

Retenez donc que vous disposez de peu de place pour convaincre. Soignez votre accroche !

Conseil #5 -… et avec les opportunités du web

Car le web constitue plus qu’un tas de contraintes !

Je pense ici à deux avantages qui pourraient rendre votre 4e de couverture plus percutante :

  • Le web vous permet de capitaliser sur les retours de vos lecteurs (si vous en avez déjà) : blogueurs, lecteurs laissant des commentaires sur les plateformes… C’est ce qu’on appelle la preuve sociale. Utilisez-la pour convaincre ! Surtout si vous avez la chance de bénéficier de quelques beaux noms. Un verbatim comme accroche ou plusieurs extraits de chroniques en fin de descriptif produit peuvent rassurer les internautes qui hésitaient à acquérir l’oeuvre d’un inconnu auto-édité.
  • Le web vous permet de tester à moindre risque : ce n’est pas comme si vous alliez imprimer 2000 exemplaires de votre ouvrage, gravant votre 4e de couverture dans le marbre dans beaucoup de papier… Vous pouvez donc rédiger 2 versions de votre 4e de couverture et suivre la performance de votre ouvrage dans un cas et dans l’autre (test A/B). Petit à petit, à force de comparer plusieurs versions, vous trouverez celle dont vous êtes le plus satisfait.

Conseil #6 – Laissez planer le mystère

Autrement dit, n’en dites pas trop. Votre 4e de couverture n’est pas un synopsis détaillé de votre roman. N’en racontez pas la chute ! Et sans tomber dans cet extrême, n’introduisez pas trop vite des personnages ou éléments d’intrigue supposés étonner le lecteur au cours de son voyage dans votre oeuvre. Ne répondez pas déjà aux interrogations qu’il sera censé traverser.

En somme : n’en dites pas trop !

Mais dites-en suffisamment pour que votre acheteur potentiel ait quelque chose à se mettre sous la dent, tout de même ! 😏 A vous de trouver le juste milieu.

Conseil #7 – Ne privez pas le lecteur de son libre-arbitre

Il est tentant d’essayer d’attirer le lecteur à travers des adjectifs ou propositions qui comportent un jugement sur l’oeuvre (souvent, la projection que l’auteur a de son propre récit). Je fais référence ici à des expressions de type : « un récit épique sans manichéisme« , ou bien « une aventure passionnante aux côtés d’une héroïne touchante« , ou bien encore « une réflexion fine sur la condition humaine« .

J’ai pris ce genre de raccourcis par le passé et aujourd’hui, je recommanderais de les éviter. C’est au lecteur de juger du manichéisme de votre intrigue ou des qualités de vos héros. En réalité, cela rejoint une bonne pratique d’écriture qui consiste à éviter de dire au lecteur comment il devrait réagir ou se sentir : si votre style émeut le lecteur ou suscite chez lui une vive réaction, alors vous n’avez pas besoin de le préciser. Les mots se suffisent à eux-mêmes.

J’avais rédigé un article sur ce phénomène :

Conseil #8 – Respectez l’esprit de votre livre

Que ce soit dans la 4e de couverture ou dans la couverture elle-même. Soyez honnête avec vos futurs lecteurs : donnez-leur ce qu’ils pourraient s’attendre à trouver dans votre roman quand ils auront lu votre 4e de couverture.

Tous les renseignements que vous présentez au lecteur avant qu’il ne tourne la première page de votre oeuvre contribuent à forger en lui des attentes particulières. Ne lui donnez pas l’impression d’acheter du feel good si en réalité, vous avez une romance tragique à offrir (et inversement).

D’ailleurs, cela rejoint le conseil #7 : si vous jugez votre univers assez sombre pour avoir envie de le signaler dans votre 4e de couverture, ne le dites pas explicitement à votre lecteur dans l’espoir qu’il vous croie sur parole. Montrez-lui, par exemple à travers une ambiance, qu’il n’entre pas chez les bisounours.

Conseil #9 – Soignez la forme

Je ne sais pas vous, mais rien ne m’irrite plus que des fautes d’orthographe ou des coquilles sur une 4e de couverture. L’effet est immédiat : je pars en courant.

Je doute être la seule lectrice concernée. Songez que votre 4e de couverture est votre vitrine, au même titre que votre couverture. Vous rentreriez dans une boutique aux vitres salles, aux rayons parfaitement chaotiques ? Ou vous iriez plutôt voir celle d’à côté ?

Au-delà de l’orthographe et du style, pensez aussi à la mise en forme de votre descriptif produit. Il vous est possible de mettre des passages en gras ou en italique pour les mettre en avant. Pour cela, utilisez un générateur d’HTML, comme celui-ci, qui est parfaitement gratuit et très facile à prendre en main.
Quand vous êtes satisfait de votre mise en forme, cliquez sur HTML dans la barre d’outils et copiez-collez le code.

Conseil #10 – Demandez des avis

Vous avez sûrement fait relire votre ouvrage à des proches, des bêta-lecteurs ou peut-être même des relecteurs professionnels (si ce n’est pas le cas : faites-le !).

Adoptez la même approche pour votre 4e de couverture, si possible avec des personnes qui auront lu votre roman, et d’autres qui ne l’auront pas lu.

  • Aux premiers, demandez : cette 4e de couverture fait-elle honneur au récit ? Est-elle fidèle à son esprit ?
  • Aux seconds, demandez plutôt : que t’inspire cette 4e de couverture ? Achèterais-tu le livre ?

Il y a fort à parier que les retours de ces deux catégories de relecteurs se compléteront et mettront le doigt sur des améliorations auxquelles vous n’auriez pas songé seul !

Prêt à vous lancer ? N’hésitez pas à partager vos 4e de couverture dans l’espace commentaires ou à me contacter pour obtenir l’avis de quelqu’un qui n’aura pas lu votre récit ! 😉

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.