J’ai testé de rendre mon livre gratuit sur Amazon. Pendant 2 ans environ, le premier tome de ma saga Sorceraid a été proposé gratuitement. Dans cet article, je dresse le bilan de cette démarche et tente d’y voir plus clair sur ce que cela m’a apporté de positif… et de moins appréciable. A vous, ensuite, de tirer vos propres conclusions : faut-il rendre son livre gratuit sur KDP, Kobo et les autres plateformes ?

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Les différents types de gratuité sur Amazon

Un rappel, pour commencer, des 2 types de gratuité proposés par Amazon :

  • La gratuité temporaire, dite “Promotion livre gratuit”. Service totalement intégré à la plateforme KDP, cette gratuité de 5 jours par trimestre nécessite d’être inscrit au programme KDP Select, et donc d’accorder l’exclusivité à Amazon
  • La gratuité à durée indéfinie, via le recours aux prix concurrents : cela consiste à proposer son livre gratuitement sur une plateforme qui le permet (par exemple Kobo) et à signaler au support KDP l’existence d’un prix concurrent inférieur à celui pratiqué par Amazon. Les équipes du support alignent alors le tarif sur celui de la plateforme concurrente.

J’ai testé les 2 types de gratuité. Ce bilan reste valide dans les 2 cas. En réalité, à choisir, je crois que je préfère encore la gratuité à durée indéterminée, car généralement, opter pour cette stratégie s’inscrit dans une logique réfléchie de visibilité sur un plus long-terme. Ce n’est toutefois que mon avis.

Retour d’expérience : bilan de 2 années de gratuité

Pourquoi j’ai d’abord choisi la gratuité

Pour la majeure partie d’entre nous, l’auto-édition est un long apprentissage, si bien que les réflexions que j’ai eues quand je me suis lancée sérieusement en 2018 ne sont plus celles que j’aurais aujourd’hui. 

Voici, en tout cas, les attentes que je nourrissais au moment d’opter pour la gratuité.

A noter : à l’époque, j’avais un seul titre gratuit, le premier tome de ma saga Sorceraid. Un peu plus tard, j’ai testé avec d’autres titres, là encore des premiers tomes de séries.

  • Espoir #1 : attirer les lecteurs vers le premier tome et les fidéliser sur le reste de la saga, équilibrant ainsi les gains.
  • Espoir #2 : collecter des avis de lecteurs, si précieux et si rares quand on démarre
  • Espoir #3 : gagner en visibilité en intégrant les tops d’Amazon. Si je ne dis pas de bêtise, à l’époque, Amazon ne séparait pas les top 100 gratuits et les top 100 payants. Intégrer un top permettait donc d’être visible auprès d’un très large public. Cela a été corrigé par Amazon depuis.

De façon plus générale, proposer un ouvrage gratuitement me donnait l’impression d’être actrice de la promotion de mes livres à une époque où je me sentais assez impuissante dans l’immense océan qu’est la boutique Kindle, mes connaissances en marketing et en auto-édition étant alors balbutiantes. 

Si vous vous reconnaissez dans cette impression d’impuissance, je vous livre mon premier conseil : la gratuité peut vous aider dans un premier temps, mais bloquez-vous promptement des plages d’étude des pratiques marketing en vigueur. La gratuité ne doit en aucun cas remplacer votre démarche d’apprentissage.

Rendre son livre gratuit : opportunités générées

Globalement, la gratuité a rempli ses promesses. Je ne sais pas pour vous, mais à mes débuts, je visais bien souvent trop bas. Donc, pour résumer les opportunités générées par la gratuité de mes livres, je dirais qu’elles ont correspondu à mes attentes d’autrefois :

  • J’ai bel et bien collecté des commentaires de lecteurs
  • J’ai bel et bien atteint les tops des gratuits dans mes catégories, voire même à plusieurs reprises le top 100 des gratuits toutes catégories confondues
  • Et j’ai bel et bien observé des ventes sur le reste de mes livres, payants cette fois. Difficile de définir exactement le taux de conversion du premier tome gratuit vers le reste de la série. Le tableau de bord d’Amazon ne permet pas de réaliser un tracking aussi précis. Je dirais que la conversion tournait autour de 1 vente pour 15 téléchargements gratuits.

Par conséquent, je n’ai aucun regret quant à mes choix de gratuité. Non seulement j’ai pu gagner en confiance, apprendre comment faire mieux, mais j’ai aussi pu faire découvrir la saga à des lecteurs qui autrement n’auraient jamais entendu parler de moi.

La gratuité, enfin, m’a surtout convaincue de l’intérêt des prix d’appel sur les débuts de saga.

Ce que la gratuité ne permet pas de faire

La gratuité a toutefois fini par manifester ses limites. J’ai longtemps hésité à la poursuivre avant de la stopper pour de bon.

  • Premier inconvénient : la gratuité, sur des livres isolés (sans série), ne vous permettra probablement jamais de vous séparer de l’image pas toujours bien perçue d’auteur auto-édité. Vous garderez cette étiquette jusqu’à ce vous définissiez un tarif plus proche de ceux pratiqués par les maisons d’édition.
  • Deuxième inconvénient : vous-même aurez plus de mal à vous projeter dans une démarche de professionnalisation de vos activités d’auteur puisque vous ne gagnerez rien sur vos ventes.
  • Troisième inconvénient : la visibilité obtenue grâce à la gratuité est toute limitée. Je vous le disais, j’ai parfois atteint les tops 100 des gratuits y compris toutes catégories confondues. Je n’ai pas observé de bond dans les conversions vers le tome 2 lors de ces périodes. L’effet « remplissage de liseuse » est donc bien réel.
  • Quatrième inconvénient : Amazon ne permettant pas de vérifier si vos ventes rémunératrices proviennent de la gratuité de vos premiers tomes, il se peut que toute l’efficacité du système soit un leurre. Rien ne prouve que vous n’auriez pas réalisé les mêmes ventes si le premier tome n’avait pas été gratuit.
  • J’ajoute un dernier inconvénient, expérimenté plus récemment : pendant le confinement d’avril 2020, j’ai rebasculé sur de la gratuité. J’ai obtenu un très grand nombre de commentaires sur cette période, ce qui est très positif, mais j’ai aussi vu apparaître mes premiers avis négatifs… 2 étoiles ou moins. Heureusement, cela a été très rare, mais la conclusion que j’en tire est que le téléchargement ne coûtant absolument rien (ni effort, ni argent) sur un titre gratuit, il est possible que des lecteurs moyennement intéressés à la base se laissent tenter et ne trouvent pas le bonheur dans un récit qu’ils n’auraient pas acheté s’il avait été payant.

Pour toutes ces raisons, je ne regrette pas non plus mon choix d’avoir cessé de proposer certains de mes livres gratuitement. A la place, j’ai défini des tarifs certes bas, servant de prix d’appel auprès de lecteurs qui, pour le coup, sont intéressés par le produit.

Cela fait désormais 3 mois que j’opère uniquement sur ce schéma. Et ces 3 mois font partie des plus rémunérateurs que j’aie connus depuis que je me suis lancée.

Les conclusions que je tire de cette expérience : rendre son livre gratuit… mais pour les bonnes raisons

Je retiens de cette expérience de gratuité que rendre son livre gratuit sur Amazon peut être une bonne solution au démarrage, mais que la démarche finira par vous desservir si vous vous cachez derrière elle. Je suis convaincue qu’il existe de bonnes et de mauvaises raisons d’opter pour la gratuité.

Si vous trouvez qu’il s’agit de la seule façon pour vous de « vendre » votre livre, interrogez-vous. Le prix n’est qu’un élément de décision parmi d’autres à l’heure d’acheter un livre. N’en faites pas un bouc émissaire ! Vos choix tarifaires doivent devenir des alliés au service d’une stratégie mûrie et définie dans le temps.

2 commentaires sur « (Avis) J’ai testé : proposer mon roman gratuitement sur Amazon. Faut-il rendre son livre gratuit sur KDP ? »

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