Ne rien produire pour mieux produire, ou quand lever le nez (et binge watcher Peaky Blinders) ravive foi et inspiration

Parmi les difficultés évoquées par les auteurs sur les réseaux sociaux et cercles d’échange, il y en a une qui me concerne assez peu: la panne d’inspiration. Je pourrais écrire à temps plein sans m’ennuyer une seule seconde, pas de problème. La liste des projets d’écriture que j’aimerais mener s’allonge de jour en jour. La bande des Canines Libres (Nosferatus), Grace Neverdead, ma dystopie, et le petit dernier dont j’ai encore peu parlé: un diptyque dans la lignée des Oghams.

En revanche, je commence à percevoir une différence entre produire beaucoup et produire bien. Me forçant à écrire tous les jours pour garder le pli et avancer, je me suis parfois surprise à subir mon écriture. Ces derniers temps, j’ai donc dit stop aux objectifs d’écriture quotidiens, stop aux marathons, stop à l’écriture comme prison et non passion.

Alors quand ma dernière bronchite m’a mise KO pour deux semaines, j’ai saisi l’opportunité de m’aérer l’esprit. Et comme mes collègues me parlaient beaucoup de la série Peaky Blinders, je me suis dit que le moment était venu de découvrir le Birmingham de Thomas Shelby.

Résultat: j’ai enchaîné les 4 saisons et ai désormais la tête pleine de réflexions sur ce que devrait être le personnage de Wulfran (projet Nosferatu).

Thomas Shelby, un personnage pour les éclipser tous

Ce n’est pas la première fois que le succès d’une série repose en grande partie sur un personnage particulièrement charismatique ou atypique (et au talent des acteurs qui les incarnent). Je pense ici au Sherlock de Benedict Cumberbatch et à Sheldon dans The Big Bang Theory, mais nous pourrions sans doute en citer d’autres. Avec Thomas Shelby, même constat en +8000.

Qui est Thomas Shelby, et c’est quoi Peaky Blinders? Allons à l’essentiel:  Thomas Shelby est le personnage central de la série BBC qui narre comment un groupe de gangsters du Birmingham de l’entre-deux-guerres, les Peaky Blinders, accroît son influence sur un territoire de plus en plus vaste. Racket, contrebande et paris en toile de fond, Thomas Shelby tire les ficelles de son univers et s’extirpe de la fange de Small Heath pour se constituer un empire immobilier, industriel et commercial hors-pair. Un scénario qui m’aurait sans doute lassée assez vite sans la présence bluffante de Thomas Shelby à l’écran (joué par l’incroyable Cillian Murphy).

Je parle de présence et c’est tout à fait volontaire. Pendant 4 saisons, j’ai eu le sentiment qu’à l’instant même où le personnage fait irruption à l’écran, le spectateur n’a plus d’autre choix que de se faire aspirer par cette figure apparemment froide, imperturbable, manipulatrice, impitoyable et en contrôle absolu de toute situation.

A l’écran, cela se traduit par une mise en scène savamment orchestrée: Tommy positionné au premier rang comme un leader menant ses troupes au combat, Tommy sur fond de forges en fusion tel un dragon sortant de son antre, Tommy entre ombre et lumière, Tommy en posture quasi divine.

Quand nous accédons à l’intimité des Peaky Blinders, nous découvrons toutefois un Tommy dévasté par le stress post-traumatique que lui a laissé la guerre ou, mieux encore, un Tommy sans son masque, parfois profondément las, en colère, compatissant, un Tommy qui va s’autoriser à sourire par joie véritable et à parler à cœur ouvert. Ces moments sont plutôt rares, ce qui double leur impact car le spectateur a l’impression de les voler.

 

A one-man story… ou comment redynamiser le projet Nosferatus

Binge-watcher Peaky Blinders c’est bien, mais pourquoi est-ce que j’en parle sur mon blog d’auteure?

Parce qu’un personnage aussi bien ficelé que Thomas Shelby m’éclaire sur l’insatisfaction que j’avais ressentie sur mon projet Canines Libres/Nosferatus. Cet été, j’avais décidé de mettre la rédaction en pause car l’intrigue me résistait et j’avais le sentiment de ne pas obtenir ce que je voulais avec mes 150 premières pages. J’ai laissé décanter tout cela et ces derniers temps, je crois que j’entrevois le nœud du problème: à vouloir raconter l’histoire depuis trop de points de vue, le lecteur se promène partout et nulle part.

Or, le projet Nosferatus est supposé graviter essentiellement autour de la figure de Wulfran. Wulfran, je le rappelle, est décrit dans Sorceraid comme le mentor d’Albéric, le vampire qui lui a montré la voie. Wulfran est le dernier recours vers lequel Dracule se tourne quand tout va mal. Wulfran fascine, Wulfran incarne à lui seul la notion de « canines libres ».

Dans la version actuelle des Canines Libres (premier tome de la saga Nosferatus), Wulfran apparaît comme un personnage parmi d’autres. Je l’ai positionné sur un pied d’égalité avec Albéric, Sheridan, Dracule et Apolline, notamment. Je crois que c’est une erreur. Je crois que Wulfran devrait, comme Thomas Shelby, porter le projet à lui seul, incarner le soleil autour duquel gravitent tous les autres. Wulfran doit s’emparer de l’espace et non partager le devant de la scène.

Affaire à suivre…

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